La bière est un breuvage traditionnel, au même titre que le vin. Ses ingrédients simples – eau, céréales et levures – lui ont permis de voir le jour partout, pour se répandre et se populariser à travers les siècles. On la boirait depuis l’an 6000 av. J-C ! A travers les siècles donc, et même à travers les âges !
Les premières preuves de son existence remontent au 4ème millénaire av. J-C, dans la province de Sumer (Mésopotamie). Les tout premiers écrits sumériens mentionnent la bière, notamment dans une prière à Ninkasi, déesse du brassage... La prière remplissait à la fois le rôle de texte religieux et d’aide-mémoire pour se souvenir des ingrédients de la bière, à une époque où peu de gens savaient lire.
Fabriquée à partir d’épeautre, l’ancêtre du blé, la bière était une véritable base de l’alimentation ; on l’appelait « sikaru », ce qui signifie « pain liquide ». Afin de l’accommoder aux goûts de chacun, on y ajoutait du miel et des épices variées. Nourrissante, attractive, et festive par son alcoolisation, la bière gagna très rapidement en popularité, au point de traverser les frontières et gagner d’autres cultures. Elle fut exportée en Égypte, où ses usages se multiplièrent : remède anti-migraine, produit de beauté, protection contre les infections… La « sikaru » était devenue « zythum » (« vin d’orge »), et fut embrassée par la mythologie égyptienne ; on dit que le dieu Osiris, symbole de l’agriculture, en enseigna le brassage et Isis, déesse de l’orge, lui apportait sa protection. Due à l’accessibilité de ses ingrédients, sa production se développa sur place. C’est ainsi qu’en Égypte, on fermentait le breuvage dans des pots semi-enterrés dans le sol.
La bière a gagné l’Europe de façon très progressive, au travers de nombreuses expéditions. Au retour de leur voyage, les Européens – surtout des Celtes et des Germains – apportaient avec eux cette savoureuse trouvaille. On se mit bientôt à l’ouvrage, et brasser la bière devint une activité familiale. Le Moyen-âge et ses monastères fut par la suite une époque très propice au développement de la bière. Les moines germains expérimentèrent des techniques de fabrication et tentèrent de multiples aromatisations. Puis au 10ème siècle, la fabrication de la bière bénéficia d’une innovation capitale : l’abbesse de Rupertsberg Hildegarde de Bingen apporta sa découverte du houblon aux moines. Les propriétés aseptisantes et conservatrices de la plante furent employés pour améliorer le produit, en lui donnant son goût caractéristique.